L’alimentation peut-elle influencer la composition du microbiote vaginal ?
Il existe un lien démontré entre les bactéries que l’on retrouve dans l’intestin, et les bactéries du microbiote vaginal. En effet, les bactéries peuvent migrer de l’anus vers le vagin, via un chemin appelé axe intestin-vagin, mis en évidence par plusieurs études .
Or, il est aujourd’hui démontré qu’une alimentation riche en produits fermentés, contenant naturellement des lactobacilles, tels que les yaourts, modulent le microbiote intestinal de façon positive . Cela pourrait donc entraîner des répercussions sur le microbiote vaginal, via la migration des bactéries vers le vagin.
De plus, une étude récente est venue explorer les liens directs entre la nutrition et l’écosystème vaginal et a montré que certaines habitudes alimentaires pouvaient avoir un effet bénéfique sur ce dernier, en favorisant un microbiote principalement dominé par des lactobacilles protecteurs :
La faible consommation d’alcool
L’alcool est positivement associé à des conditions de vaginose bactérienne, et est positivement corrélé à la présence de Gardnerella vaginalis. A ce titre, l’alcool pourrait avoir le même effet sur le microbiote vaginal que le tabac, en augmentant le risque de vaginoses bactériennes.
Peu de viande rouge et de viande transformée
Une quantité importante de protéines animales (venant de viande rouge et de viande transformée) par rapport aux autres macronutriments (lipides, glucides) est directement corrélée à la communauté CST IV où les lactobacilles sont moins représentés (cf. notre article « Microbiote vaginal, qui es-tu ? ici). Précédemment, une autre étude avait déjà montré qu’une quantité importante de protéines animales élevait le score de Nugent, qui est un score révélateur de l’écosytème bactérien du vagin : plus ce score est élevé, plus le risque de vaginose bactérienne est grand.
Une consommation d’acide alpha-linolénique
L’acide alpha-linolénique fait partie des omégas 3 essentiels, acides gras polyinsaturés qui ne peuvent être apportés que par l’alimentation. On les retrouve principalement dans les noix, les graines et les huiles végétales (huile de noix, huile de colza, huile de cameline, huile de lin). Dans l’étude, leur consommation était associée à l’abondance de Lactobacillus crispatus, marqueurs d’un microbiote vaginal sain (CST I).
La consommation de protéines végétales, de fibres et d’amidon
Leur consommation est négativement associée à la présence de Gardnerella vaginalis, impliquant qu’une consommation réduite de ces éléments favorise la prolifération des pathogènes. Les protéines végétales, telles que les légumes secs et les céréales complètes, ainsi que les fruits et légumes, sont donc à prioriser.
Ces différentes études montrent que la nutrition pourrait avoir un impact sur la composition du microbiote vaginal, et pourrait représenter un levier de prévention, en aidant à maintenir ou à restaurer un microbiote dominé par des lactobacilles protecteurs. Toutefois, davantage d’études sont encore nécessaires pour établir un consensus scientifique. En attendant, toutes les pistes nutritionnelles évoquées ci-dessus vont dans le sens des recommandations du Plan National Nutrition Santé : il serait donc dommage de s’en priver !