Palais Bourbon – Salle Colbert – 28 novembre 2013

Nous en sommes tous convaincus, l’enfer est parfois pavé de bonnes intentions. La présentation de Mme Carolina O.C.Werle le démontre bien. Je voudrais revenir sur un point qui me semble important et qui n’est peut-être pas encore suffisamment reconnu : les inégalités sociales se creusent ainsi que les inégalités territoriales. Je ne suis pas persuadée que tout le monde aujourd’hui soit acquis à ce constat.

Est-ce que l’on a conscience que, dans certains quartiers, demander aux personnes qui ne travaillent pas de ne pas mettre leurs enfants au restaurant scolaire en raison d’un manque de place, c’est souvent les priver du seul repas équilibré qu’ils auront dans la journée. On voit bien que le message n’est pas du tout approprié.

Je crois qu’il faut le dire et le dire avec beaucoup de force.

Le deuxième point important, que vous avez bien souligné, ce sont effectivement les inégalités au sein de nos quartiers. Là, je redis qu’il y a des appels à projets portés par les agences régionales de santé. On peut s’inscrire dans ces appels à projets pour partager ces diagnostics, pour les faire partager à nos concitoyens, parce que ce ne sont pas des choses qui viennent spontanément à l’esprit.

Le législateur s’est déjà saisi d’un certain nombre de points que vous avez évoqués. Je veux souligner que la question du taux de sucre dans les DOM-TOM, qui est un vrai problème de santé publique, a d’ores et déjà fait l’objet d’un texte. C’était vraiment nécessaire quand on voit les chiffres que vous nous présentez et le problème sanitaire posé dans les DOM-TOM par le taux de sucre historiquement beaucoup plus élevé dans tous les produits proposés et commercialisés.

La question de la liberté de commerce et de la concurrence est aussi au cœur des réflexions des parlementaires. Dans le dernier PLFSS, on s’est attaqué aux boissons énergisantes.  La taxation de ces boissons, et évidemment le contrôle de la concurrence au niveau européen de la commercialisation de ces produits, est un problème majeur.

Je ne dis pas que tout se joue entre zéro et six ans, je dis que beaucoup de bonnes pratiques se jouent entre zéro et six ans. Beaucoup de choses s’apprennent dès le plus jeune âge : on aime ou on n’aime pas dès le plus jeune âge. Des réformes en cours peuvent nous aider à faire avancer les choses.

Pour les personnes plus âgées, un texte sur l’adaptation de la société au vieillissement va être examiné.

On ne se penche pas assez, me semble-t-il, sur les questions suivantes : comment vieillit-t-on, comment bien vieillir, comment rester en forme le plus longtemps possible ? On peut agir sur deux paramètres : l’alimentation et la dépense physique.  Il ne suffit pas de se dépenser, il faut aussi se dépenser de la bonne manière. Et puis éviter, après s’être dépensé, de  compenser par un excès de prises alimentaires.

J’ai essayé de m’attaquer aux machines qui distribuent des friandises à la sortie des piscines. Je peux vous dire que c’est un combat qui n’est pas facile, sur lequel nous avons quelques batailles législatives à mener. C’est vrai, ce n’est pas qu’une question de prix, comme cela a été souligné. Il n’y a pas que la dimension économique, même si elle joue un rôle important.

Que cachent les choix qui sont faits au moment où on plonge dans le réfrigérateur ou dans le distributeur ?  On est tous, à ce niveau, porteurs de messages. Je ne suis pas une « mère la rigueur », ni à l’Assemblée nationale ni ailleurs ! Je ne crois pas en des messages qui soient coercitifs. Je crois qu’il faut s’axer sur des messages de partage, de convivialité, basés sur notre culture et qui peuvent aussi porter sur les produits de terroir, les produits de qualité, sur les produits frais, sur les produits de filière courte.

Je souligne que dans nos maisons de retraite hospitalières, où nous avons lancé toute une réflexion autour de l’alimentation avec les personnes âgées, on se rend compte que souvent le dernier plaisir qui peut rester, c’est ce moment de partage de la nourriture, et de bons repas avec la famille ou avec ceux qui sont dans le même établissement