Quand on parle promotion de la santé, éducation pour la santé, éducation thérapeutique, prévention…les termes se confondent souvent dans les esprits sans que les frontières entre ces différents termes paraissent très claires.

Mais qu’est ce que la santé, notion au centre de toutes ces définitions ?

Dans notre vision des choses, et selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au travers de sa charte d’Ottawa, la santé est avant tout quelque chose de dynamique, une « ressource de la vie quotidienne, et non comme le but de la vie; c’est un concept positif mettant l’accent sur les ressources sociales et personnelles, et sur les capacités physiques» (1). On comprend bien là que ce n’est pas quelque chose de figé et de stable et que la simple absence de maladie n’est pas suffisante. De plus,  les dimensions de la santé sont multiples (bien être physique, mental, social, etc.) et la perception de ces éléments appartient à chacun d’entre nous.

La promotion de la santé, dans cet esprit, a pour objectif de donner aux individus et au groupe la capacité (empowerment (2)) d’avoir un plus grand contrôle sur sa santé. Il s’agit en réalité de construire, en impliquant au maximum les personnes concernées dans les décisions et les actions,  les conditions de vie propices à une bonne santé (politiques publiques saines, environnements favorables, etc.). On comprend donc  bien que cela dépasse largement le simple système de santé et concerne l’individu le collectif mais également la société dans son ensemble.

L’éducation pour la santé (3) permet plus spécifiquement d’informer et « d’outiller » de manière concrète les individus afin de favoriser l’adoption de choix et de comportements favorables à une bonne santé (équilibre alimentaire, activité physique, arrêt du tabac par exemple).

Quand on parle de prévention (4) ou d’éducation thérapeutique (5), on ne se place plus dans le cadre de la santé mais dans celui de la maladie. La prévention primaire, secondaire et tertiaire a respectivement pour objectif d’éviter la maladie, de la détecter précocement à un stade où elle ne provoque pas encore de symptôme (c’est le dépistage) ou de limiter ses conséquences et complications. L’éducation thérapeutique concerne en général les personnes atteintes de maladies chroniques (exemple : le diabète, l’hypertension artérielle), et aussi leurs proches, pour leur permettre d’avoir une vie la plus normale possible tout en maîtrisant l’évolution de leur pathologie.

Ce que ces différents concepts ont en commun c’est qu’ils agissent sur les différents éléments qui constituent un état de santé que sont les déterminants de la santé.

Auteur : Laetitia Satilmis, Interne de Santé Publique et Médecine Sociale, Lyon
Présidente – Collège de Liaison des Internes de Santé Publique

 

Références

 

  1. Organisation Mondiale de la Santé. Charte d’Ottawa [Internet]. 1986. Disponible sur: http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0003/129675/Ottawa_Charter_F.pdf
  2. Potvin L., Moquet M-J., Jones C. Réduire les inégalités sociales de santé [Internet]. INPES; 2010. Disponible sur: http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1333.pdf
  3. Bonnin F, Palicot A-M. L’éducation pour la santé : un service au public, un enjeu de la modernisation du système de santé. Santé Publique. 13(3):287‑94.
  4. Cassou B. Prévenir les maladies et promouvoir la santé des personnes âgées. Gérontologie Société. 1 déc 2008;(125):11‑22.
  5. Grenier B, Bourdillon F, Gagnayre R. Le développement de l’éducation thérapeutique en France : politiques publiques et offres de soins actuelles. Santé Publique. 19(4):283‑92.