Palais Bourbon – Salle Colbert – 28 novembre 2013

Mesdames, Messieurs,
Le débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2014, qui se poursuit au Sénat ce matin, m’empêche d’être parmi vous. Je veux saluer l’engagement de Mme Bernadette LACLAIS, qui parraine ce colloque. Cette initiative est en pleine cohérence avec le travail essentiel qui est le sien au sein de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et dans sa ville de Chambéry.
Je regrette de ne pouvoir débattre aujourd’hui avec vous de ce qui sera sans doute l’un des enjeux majeurs de ce XXIe siècle : la prévention des maladies métaboliques et cardio- vasculaires – nous nous sommes limités à cet enjeu- ci, nous n’irons pas au- delà, ce serait sans doute trop.

Enjeu majeur, car les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité dans le monde et la deuxième cause de décès en France : 147 000 personnes meurent encore chaque année, dans notre pays, d’infarctus du myocarde ou d’un accident vasculaire cérébral, malgré les progrès accomplis dans le domaine ces dernières années.
Le diabète est une véritable épidémie. Un homme sur cinq et une femme sur six en sont atteints parmi les 65-75 ans. En tout, ce sont 3,5 millions de personnes qui en souffrent dans notre pays.
Enjeu majeur, car certains facteurs y sont encore trop prégnants et continuent de se développer. Aujourd’hui, en France, près de 15 % de la population adulte est obèse ; et on compte près de 73 000 morts liées au tabagisme, soit 200 décès par jour.
Face à cela, il est urgent de faire le choix de la prévention, c’est tout l’objet du colloque qui vous rassemble aujourd’hui. Il nous faut agir tôt, et agir fortement sur tout ce qui a une influence sur notre santé. L’enjeu est de taille. Nous devons parvenir à réduire les inégalités sociales et géographiques de santé, à diminuer la mortalité prématurée et à faire croître encore l’espérance de vie en bonne santé. C’est tout le sens de la stratégie nationale de santé dont j’ai présenté, le 23 septembre 2013, les grands objectifs et qui fait actuellement l’objet de réunions dans l’ensemble des régions de France. La grande loi de santé, que je présenterai en 2014, découlera directement de ce travail collectif en cours.
Il nous faut remettre le patient au centre de son parcours de soins et mobiliser tous les acteurs autour de prises en charge globales, incluant promotion de la santé, éducation thérapeutique, dépistages, suivi des maladies chroniques, sans oublier une recherche coordonnée.
Les grandes priorités de santé publique que nous élaborerons devront permettre de faire face aux évolutions démographiques et au développement de pathologies chroniques.
Au- delà de l’éducation à la santé, qui fait déjà l’objet de programmes spécifiques à l’école, avec des actions ciblées (nutrition, addiction), nous développerons des programmes de formation des jeunes à la prévention pour leur permettre de mieux être acteurs de leur propre santé.
L’éducation à la santé favorisera l’acquisition de comportements et de modes de vie qui auront un impact favorable sur l’état de santé.
La conviction que nous partageons, c’est que le système de santé doit donner toute sa place à la prévention. Outil trop négligé depuis plusieurs décennies, il s’agit pourtant d’un élément décisif pour réduire la mortalité et la morbidité évitables.
C’est par le développement du réflexe préventif que nous tiendrons mieux compte des déterminants de santé. Pour poursuivre notre travail sur les grandes priorités de santé publique, je veux cibler nos actions en fonction des populations, des lieux de vie, en portant une attention toute particulière aux facteurs de risques environnementaux.
Le travail que vous menez au quotidien, les échanges que vous aurez aujourd’hui, et qui me seront rapportés, constituent un apport essentiel à l’élaboration de notre politique de santé publique.

Message d’accueil et de soutien lu par le Dr Jean-Michel Lecerf en préambule du Colloque.