Nous possédons tous notre propre horloge biologique, encore appelée « rythme circadien ». Cette horloge définit notamment notre heure –idéale- de coucher et celle de réveil.

Mais notre rythme de sommeil ne se calque pas uniquement sur cette horloge interne, en témoignent l’endormissement tardif et la difficulté à se réveiller le matin que rencontrent beaucoup de personnes. Quels sont donc les autres facteurs qui influent sur notre sommeil ?

Une équipe de mathématiciens de l’Université du Minnesota[1] s’est penchée sur cette question et a récolté, grâce à une application disponible sur smartphone, les habitudes de plus de 5 500 dormeurs répartis dans plus de 100 pays. Ces données leur ont permis d’analyser l’impact des normes sociales, de l’horloge interne et de l’exposition à la lumière dans les habitudes de sommeil.

Il apparaît que c’est la société, plus que le rythme circadien, qui détermine l’heure du coucher (habitudes culturelles et sociales), alors que c’est notre horloge interne qui influe sur notre heure de réveil. Mais, de par la nécessité de se lever tôt et donc l’utilisation des réveils, notre besoin de temps de sommeil n’est pas forcément respecté. Résultat : notre temps de sommeil est restreint, et l’on « récupère » le week-end.

L’étude montre également que l’exposition à la lumière joue un rôle important. Des personnes exposées à la lumière naturelle tout au long de la journée auront tendance à se coucher plus tôt et à dormir davantage que les personnes exposées à la lumière artificielle. Cette dernière, par le biais des téléphones portables et autres outils numériques, s’est introduite jusque dans les chambres à coucher, influant sur le rythme du sommeil, comme le montre l’enquête « Sommeil et nouvelles technologies » réalisée en mars 2016 par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV/MGEN)[2].

Enfin, l’âge et le sexe ont une influence sur le sommeil. Les femmes dorment plus que les hommes, se couchant plus tôt et se réveillant plus tard. L’avancée en âge réduit quant à elle le temps de sommeil et est associée à une heure de réveil plus précoce.

A défaut de pouvoir agir sur ces facteurs physiologiques spécifiques au sexe et à l’âge, on peut retrouver aujourd’hui de nombreux conseils pour déjouer les habitudes néfastes au sommeil (et plus particulièrement les habitudes responsables du retardement de l’heure d’endormissement), comme l’attestent les conseils dispensés par l’INSV[3].

Le sommeil ne comprend donc pas seulement une dimension biologique, mais également une dimension sociologique de plus en plus importante.

[1] http://advances.sciencemag.org/content/2/5/e1501705.full

[2] http://www.institut-sommeil-vigilance.org/la-journee-du-sommeil

[3] http://www.institut-sommeil-vigilance.org/la-journee-du-sommeil

infographie sommeil

 

 

 

 

Source : Philosophie magazine, juin 2016