Palais Bourbon – Salle Colbert – 20 Novembre 2014

Après ces témoignages pleins d’enthousiasme et extrêmement motivants, je vous propose cinq propositions concrètes.

  1. Prendre conscience de l’existence de freins aux changements – notamment psychologiques – et s’approprier les déterminants complexes du comportement humain afin de proposer des actions sur des leviers essentiels des modifications des habitudes. Aujourd’hui, les conditions socio-économiques défavorables qui concernent un tiers de la population représentent un frein majeur à la mise en place d’actions d’éducation santé. Cela justifie que des efforts ciblés soient entrepris envers les populations les moins aisées.
  2. Passer de l’idée encore très répandue d’une prévention santé subie ou forcée au concept de promotion de la santé, en rendant le patient acteur et partenaire du bien vivre à long terme. Dans cette optique, l’information sur la santé et l’éducation thérapeutique doivent être développées.
  3. Délivrer des messages de santé institutionnels ou individualisés positifs, prudents et non contradictoires aux familles, relais indispensables de l’éducation pour la santé, toutes générations confondues. Le plaisir doit être mis en avant – puisque c’est un moteur du changement – et toute stigmatisation des comportements ou des individus est à bannir. L’activité physique est à favoriser et à valoriser. Les ateliers de cuisine au sein des écoles ou des collectivités doivent être encouragés. L’étiquetage peut être utile.
  4. Faire évoluer les pratiques et les mentalités des professionnels de santé – médecin compris – afin de remettre le patient au centre des soins. En matière de changement des modes de vie et dans la relation avec le patient, il est nécessaire de partir d’une « décision partagée ». Développer la multidisciplinarité par une connaissance mutuelle des partenaires santé et de leur expertise.
  5. Les actes de prévention et d’éducation thérapeutique doivent être à la fois reconnus et rémunérés (rémunération forfaitaire en complément du paiement à l’acte et/ou bilan de santé spécifique). Ils nécessitent une meilleure organisation des parcours de soins et une synergie d’action. Les médecins et autres professionnels ne peuvent pas être les seuls acteurs de la sensibilisation et de la réalisation du changement pour de nouvelles habitudes préventives. Les associations et les patients eux-mêmes peuvent être un moteur de l’évolution. Ils pourraient dans les prochaines années utiliser de nouvelles technologies dont l’impact sur l’observance des traitements et le suivi des comportements semble particulièrement pertinent.